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La continuité Histoire, religions...

Date(s) : Le Vendredi
- 6,13,20 octobre 2017
- 10,17,24 novembre 2017
- 1,8,15,22 décembre 2017
- 12 janvier 2018

Horaire : De 14h00 - 16h00

Lieu : Salle MORE 52 à LLN --- Plans des auditoires de Louvain-la-Neuve

Prix : 135 €

Code d'activité : 1202

Formateur : Polet J

Comment s'inscrire ? Description :

SÉANCE 1 : Introduction
POLET Jean-Claude, professeur ordinaire émérite UCL, président du Centre Cerfaux-Lefort, directeur du Patrimoine littéraire européen

Tributaire du temps et du monde, l’homme entend cependant les maîtriser et comprendre pourquoi et comment il s’y trouve. Il s’y emploie, par son intelligence, son action, son esprit, cet esprit qui lui semble émerger d’une manière d’intemporalité, le pur instant de la liberté de penser et d’agir. Mais simultanément, cette puissance censément souveraine ne se manifeste, à l’évidence aussi, qu’au prix d’une soumission à tout ce qui est dans le temps et dans le monde. Ainsi, toute l’histoire de l’homme est faite du rapport entre l’agir libre et la soumission aux faits. Demeure cependant, d’abord et finalement toujours, la question-pourquoi est-ce ainsi, et comment, et pour quoi ce paradoxe?? La réponse a d’abord été et est toujours encore celle que fournissent les religions, soutenues, puis progressivement doublées, voire contestées par les variations des cultures, et finalement concurrencées par les thèses philosophiques et les certitudes rationnelles des sciences et des techniques. C’est dans ce cadre théorique que se situeront les cours de cette année, qui traiteront des mondes anciens.

SÉANCES 2 ET 3 : Parmi les peuples les plus anciens du proche-orient
LEBRUN René, professeur émérite UCL, président du Centre d’Histoire des Religions “Cardinal Julien Ries” (UCL)

Après une présentation des langues et des civilisations hatiies, hourrites, hittites et louvites, en Anatolie, à la fin du IIe millénaire A.C.N. et ses prolongements, et de leurs liens avec l’Egypte, on analysera les formes juridiques, politiques et scientifiques de ces sociétés où, nonobstant le cadre religieux, règnent une forme de laïcité, l’indépendance du droit et de la religion, l’égalité entre les hommes et les femmes. On y verra mûrir aussi les prémices de la science grecque. La connaissance de l’histoire dans cette région permettra aussi de fournir une interprétation corrigée de la guerre de Troie.

SÉANCE 4 : En Iran, où émergent la religion de zoroastre puis le culte de Mithra
TOURVOETS Alexandre, archéologue, iranologue

Forme évolutive, encore vivante en Iran, d’une religion dominée par le dieu suprême Ahura Mazda, le zoroastrisme s’ancre dans une réflexion morale sur la nature de l’homme face au Bien et au Mal. Il envisage aussi, comme les trois grands monothéismes, le Jugement final, le libre-arbitre et la promesse de la Vie éternelle. Figure divine apparue au IIe siècle A.C.N. en Iran, se référant également à Ahura Mazda, Mithra, dieu de la Promesse et du Serment, est la Lumière qui éclaire la Justice et la Vérité. Son culte à mystères se répand dans l’Empire romain aux débuts du christianisme, notamment dans les milieux de l’armée, qu’il concurrença.

SÉANCE 5 : Zeus, nouveau dieu d’une nouvelle société
MARCHETTI Patrick, professeur ordinaire émérite Université de Namur et honoraire UCL, ancien membre étranger de l’École Française d’Athènes

À partir du VIIIe siècle A.C.N., en Méditerranée et dans la Péninsule grecque, se sont repensées les relations de l’homme avec le divin. C’est le moment où s’établit une nouvelle société fondée sur la Justice, qu’incarne un dieu nouveau, le Zeus 'crétois', avec un retour à l’agriculture, la contestation des pouvoirs héréditaires, et un nouveau modèle politique, le dèmos, où chacun a les mêmes droits, d’où le nom de 'démocratie', dont le dernier avatar est athénien. Les philosophes néo-platoniciens de la fin de l’Antiquité en ont été les derniers relais. Or, c’est parmi ces penseurs tardifs que se recruteront aussi les théologiens de cette nouvelle religion 'sociale', que devient alors le christianisme.

SÉANCES 6 ET 7 : Le monde étrusque à travers sa sculpture.
CAVALIERI Marco, professeur UCL Faculté de philosophies, arts et lettres

C’est l’art, singulièrement la sculpture, qui permet de scruter et de circonscrire bien des aspects de cette civilisation encore assez mystérieuse. Quoique fortement influencée par la sculpture grecque, la sculpture étrusque n’en partagea pas l’évolution, mais intégra de façon autonome les influences extérieures, ionienne et attique, entre le VIe et le Ve siècle A.C.N. À partir de la première moitié du Ve siècle, on observe une recrudescence des éléments archaïques, et les traditions et formes locales se renforcent. Le IVe siècle voit le début de la production des sarcophages en pierre, qui mènera, à l’époque hellénistique, aux urnes funéraires, chefs-d’œuvre de Volterra et de Pérouse. Les matériels de prédilection de la grande sculpture étrusque sont, d’une part, le bronze, dont on n’a conservé que de rares témoignages, tels que le Mars de Todi et la Chimère d’Arezzo, et, d’autre part, la terre cuite, dont on a gardé maints exemples remarquables.

SÉANCE 8 : Des dieux, des hommes et des chevaux. L’exemple de la grèce.
DOYEN-HIGUET Anne-Marie, professeur de grec ancien (UCL et Université de Namur)

Le cheval est partout dans la culture grecque, depuis Homère jusqu’à l’Antiquité tardive. Les textes littéraires et techniques surabondent de témoignages. La présence du cheval occupe le monde des dieux, l’univers des héros, la symbolique du pouvoir. La place qui lui est faite n’est pas moindre dans la pratique-hippologie, principes et techniques d’élevage, soins et soucis d’entretien et, bien entendu, une médecine vétérinaire approfondie, capitale dans une société où le cheval demeure, décidément, la plus noble conquête de l’homme.

SÉANCE 9 : Les chefs de la Cité dans l’Antiquité  gréco-latine. Des chamanes archaïques aux évêques.
MARCHETTI Patrick, professeur ordinaire émérite Université de Namur et honoraire UCL, ancien membre étranger de l’École Française d’Athènes

En ce temps-là, gouverner suppose sagesse, compétences, et un rapport privilégié avec le divin, car toute société ne peut que refléter un modèle transcendant. Prêtres et magistrats se confondent, en Grèce aussi bien qu’à Rome. Mais comment obtenir l’appui des dieux ? Après des générations de 'philosophes', Platon conclut que le meilleur gouvernant ne peut qu’être un 'ami de la sagesse'. Modèle médité par le premier grand penseur politique de Rome, Cicéron, qui, convertira le 'philosophe' en augure, prêtre-magistrat. Ainsi fut 'Auguste', premier empereur romain. Ses successeurs incarneront, plutôt mal que bien, le chef divin et finalement divinisé, avant que les derniers se convertissent au christianisme. Le temps était alors venu de repenser une nouvelle société, 'théocratique' cette fois. C’est ce que fit, dans la Cité de Dieu, saint Augustin, pour qui l’évêque est le guide d’un monde désormais régi par la Providence divine.

SÉANCE 10 : Les cultes d’origine égyptienne dans  le monde gréco-romain.
AMOROSO Nicolas, assistant doctorant en archéologie (UCL)

Isis est l’une des protagonistes majeures de la religion égyptienne, dont le culte s’est diffusé en dehors de ses frontières aux époques hellénistique et romaine. Il en va de même pour d’autres divinités égyptiennes qui gravitent autour d’elle-Sérapis, Harpocrate, Anubis, Apis, etc. De nombreux témoignages (littéraires, épigraphiques, archéologiques, etc.), permettent de reconstituer les épisodes et les modalités de ce phénomène.

SÉANCE 11 : Shiisme et sunnisme, quatorze siècles d’antagonisme.
TOURVOETS Alexandre, archéologue, iranologue

Les choix dogmatiques et doctrinaires auxquels ces deux communautés ont souscrit les ont conduites à une opposition sur de nombreux points décisifs. Des lectures différentes du Coran et des Hadith marqueront notamment des divergences radicales dans le concept du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, et cela dès 632, date de la mort du Prophète, jusque de nos jours. On en donnera de nombreux exemples.